Histoire de Bretagne – CRAC’H – EPOQUE MODERNE.


                                                          L’église paroissiale Saint Thuriau : façade latérale sud et le cimetière.

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Crac’h veut dire en breton : élévation ,hauteur, montagne. Son église en effet et l’agglomération du bourg se trouvent construites sur le point culminant de tout le plateau qui s’étend entre les rivières de la Trinité et d’Auray. La commune compte 1,952 habitants au recensement de 1891. Ogée y mentionne 1,500 communiants. Elle est limitée au nord par les communes d’Auray et de Ploemel, à l’est par la rivière d’Auray, au sud par la commune de Locmariaquer, et à l’ouest par la rivière de la Trinité.

La paroisse dépendait du doyenné de Pont-Belz, la cure était à l’ordinaire; elle fut, comme nous l’avons vu pour Plougoumelen, annexée par Yves de Pontsal à la mense capitulaire ( décret du 22 janvier 1453) ; mais les modifications apportées par ce fait au bénéfice ne furent pas de longue durée. En effet, nous retrouvons, dès 1615, le recteur seul décimateur à la trente-troisième gerbe, sauf sur quelques champs des environs du bourg, où les Chartreux d’Auray, dîmaient à la onzième, et sur les métairies de Locqueltas qui appartenaient aux moines de Saint Gildas de Rhuys. En 1438, le recteur s’étant avisé de percevoir sa dîme sur ces terres et métairies, les moines se plaignirent à Jean V, qui condamna le recteur à rendre les gerbes et lui interdit toute récidive. Il n’existait pas d’autres bénéfices dans la commune de Crac’h.

L’église paroissiale est placée sous le vocable de Saint Thuriau. Bâtie, dit on, avec les restes d’un établissement de templiers, son architecture n’a rien de remarquable. Sa tour est surmontée d’un clocher en pierres. Le cimetière renferme un ossuaire de forme curieuse et un tombeau en marbre blanc aux armes des Gouvello, des Robien et des Picot de Dampierre.

Il y avait en outre quelques chapelles sur le territoire de la paroisse, , celle de Saint Michel, de Saint Aubin, de Saint André, de Notre-Dame du Plaskaêr, de Sainte-Anne au manoir de Kérantré et de l’Ermitage à Locqueltas. A l’exception des deux dernières, ces chapelles s’entretenaient par une quête de grains annuelle.

La chapelle de Plaskaêr, située à environ un kilomètre au sud du bourg, a été relevée dernièrement de ses ruines. On y vient de loin en pèlerinage, dans les calamités publiques, sécheresse, épidémie, etc. ; une des cloches de l’ancienne chapelle  porte la date de 1428, elle a été transportée à l’église paroissiale. – Celle de Saint André, située au village de Lomarec,  près de l’étang de Poul-Ben, porte la date de 1606; elle renferme un cercueil en pierre dont l’inscription a occupée les archéologues. – Il ne reste plus que des traces de la chapelle de Locqueltas ; les métayers des moines avaient la charge de son entretien.

La chapelle de Sainte-Anne, à Kérantré, qui est la chapelle particulière du château, possédait une parcelle de la vraie Croix. Une chapellenie la desservait chaque dimanche, et chaque vendredi d’une messe basse,et, lorsqu’il y avait fête dans la semaine, la messe du vendredi avait lieue ce jour -là. Vers la fin du XVI siècle, cette chapellenie avait été fondée dans l’église paroissiale de Plumelin, par Jean du Botdéru, seigneur de Kergantel. Présentée par les héritiers de ce gentilhomme, et conférée par l’évêque, elle fut transportée au château de Kerboudelec, dans la même paroisse, puis, par décret épiscopal du 19 février 1757, à Kérantré, où elle eut un titulaire jusqu’en 1790. La dotation consistait en immeubles situés au bourg de Plumelin.